samedi 5 septembre 2020

Ordination sacerdotale de 29 membres de la prélature de l'Opus Dei

Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État du Saint-Siège, a ordonné samedi 5 septembre, 29 prêtres de la prélature de l'Opus Dei dans la basilique Saint-Eugène. Pour cette occasion, le Pape François a envoyé une lettre qui a été lue pendant la cérémonie.

Pendant l'ordination de 29 prêtres de l'Opus Dei

Au début de la liturgie, une lettre du Saint-Père au cardinal Parolin a été lue, dans laquelle il félicitait les 29 prêtres et leurs familles, " en particulier ceux qui, en raison de l'urgence sanitaire, ne peuvent être présents à l'ordination. "

LE PAPE FRANÇOIS : "AMENEZ TOUT LE MONDE AU CHRIST SOUFFRANT ET MISÉRICORDIEUX"

Dans la lettre du Pape, nous lisons : "Je demande aux nouveaux prêtres de considérer, en plus de la grandeur du don du sacerdoce, la signification de le recevoir précisément en ces moments de tant de souffrance dans le monde, dans lesquels la présence du Christ souffrant et miséricordieux est particulièrement palpable ; une présence que le Seigneur veut réaliser par son ministère. Comme les disciples, nous expérimenterons que, s'Il est à bord avec nous, nous ne ferons pas naufrage. Car telle est la force de Dieu : transformer tout ce qui nous arrive, y compris ce qui est mauvais, en quelque chose de bon. Le Saint-Père conclut en demandant aux nouveaux prêtres que "par leur union avec le Pape, ils concrétisent toujours l'aspiration de saint Josémaria : "Tous, avec Pierre, à Jésus par Marie".

CARDINAL PIETRO PAROLIN : "L'ÉGLISE VOUS ACCOMPAGNE ET VOUS REMERCIE POUR VOTRE 'OUI' ".

Le pape François envoie également "une félicitation affectueuse à notre bien-aimé mgr Fernando Ocáriz, prélat de l'Opus Dei, avec mon désir que le Seigneur continue à l'aider à accomplir son service fidèle et joyeux à la prélature et à toute l'Église, de façon spéciale en cette année de préparation à son jubilé sacerdotal".

 

Au cours de son homélie, le cardinal Pietro Parolin a développé la figure du bon pasteur, qui inspire à chaque prêtre d'être "une source de vie, de miséricorde, de simplicité".

Il a rappelé que "être pasteur ne consiste pas à accomplir une série de tâches mais à assumer un style de vie". Le berger, par exemple, "ne vit pas où il veut, mais où c'est mieux pour le troupeau". Le berger "n'est pas tant celui qui guide les autres que celui qui partage sa vie avec les moutons". L'idée du berger "ne se réfère pas au gouvernement mais à la vie, et c'est pourquoi Jésus caractérise le bon berger comme celui qui donne sa vie pour les brebis".

"Le ministère que vous assumez, chers ordinands, est de l'ordre de la vie, ne l'oubliez jamais", a déclaré le cardinal. Vous n'êtes pas appelé "à faire des choses, mais à donner et à partager votre vie, et vous pourrez ainsi réaliser pleinement l'appel à agir "en la personne du Christ"". De cette façon, "vous pourrez incarner le "style de Jésus". Car, comme l'écrivait saint Josémaria Escriva, le prêtre, quel qu'il soit, est toujours un autre Christ.

Être berger aujourd'hui "signifie être témoin de la miséricorde. "Je sais l'importance que vous accordez dans votre vie au sacrement de la réconciliation, et je ne peux que vous exhorter à continuer à le faire, afin d'être des dispensateurs de la grâce et du pardon de notre Seigneur. "Que les paroles de ta prédication soient des paroles de vie... : avant d'exhorter, proclame toujours la beauté du salut ; cette beauté nous attire pour vivre une vie morale digne de l'appel".

Une autre caractéristique du berger, a expliqué le cardinal, est la simplicité, dont nous parle la sainte célébrée aujourd'hui dans le calendrier liturgique (Sainte Thérèse de Calcutta) et qui s'obtient, entre autres, "dans le silence de la prière". La simplicité naît de la transparence de la prière et se manifeste par des choix concrets tels que "mener une vie ordonnée, sans se laisser entraîner dans mille choses, ce qui pourrait mettre en danger la simplicité d'un cœur entièrement consacré au Seigneur".

Enfin, le cardinal a évoqué la nécessité de garder à l'esprit la mission "d'apporter à tous la voix du Bon Pasteur, afin qu'ils se sentent aimés par le Christ". Cela exige "de ne pas être introverti mais extraverti ; de ne pas vouloir se faire remarquer mais de faire connaître Jésus". De plus, "il faut combiner la charité pastorale et une saine créativité, la fidélité et la flexibilité, la foi et un cœur disponible ; aller à la recherche des autres plutôt que de les attendre ; accueillir et non pas refuser les questions les plus complexes d'aujourd'hui, en particulier celles des jeunes".

MGR FERNANDO OCÁRIZ, AUX PARENTS: "MERCI D'AVOIR COLLABORÉ AVEC DIEU". 

L'Église vous accompagne, nous vous accompagnons tous par notre prière; et l'Église vous remercie pour votre "oui", l'offrande de toute votre vie", a ajouté le cardinal Parolin.

À la fin de la cérémonie, le prélat de l'Opus Dei a remercié le cardinal Parolin, qui était au Liban hier encore pour manifester la proximité et la sollicitude du Pape : " Votre présence nous renvoie tout de suite à celle du Saint-Père François, qui envoie sa bénédiction apostolique aux nouveaux prêtres, à leurs familles et à tous ceux qui sont présents à cette célébration. Continuons à soutenir le pape et ses collaborateurs par nos prières.

"Je voudrais transmettre, en particulier aux parents des nouveaux prêtres, quelques mots de gratitude", a ajouté le prélat : "Merci d'avoir collaboré avec Dieu pour faire germer la vocation au sacerdoce chez vos fils. Que Dieu, également par votre prière, remplisse de fruits le ministère sacerdotal que vos enfants exerceront désormais, avec la médiation maternelle de la Vierge. "

Les nouveaux prêtres

Parmi les personnes qui seront ordonnées se trouve Andrej Matis, 31 ans, qui sera le premier prêtre de la prélature en Slovaquie. Avant d'étudier la théologie à Rome, Andrej était musicien professionnel et a travaillé pendant plusieurs années comme violoniste dans le quatuor de musique de chambre "Mucha", avec lequel il a donné des concerts en Suisse, en République tchèque, en Italie, en Pologne, en France, en Autriche, au Luxembourg... "La beauté peut ouvrir des portes et parfois montrer le chemin, explique-t-il. Je pensais moi aussi que ces considérations n'étaient que de belles paroles, mais j'ai changé d'avis".

Un autre des nouveaux prêtres est le jeune médecin chilien Juan Esteban Ureta, 37 ans, qui a travaillé comme interne dans un centre médical à Concepción. Il affirme que maintenant, en tant que prêtre, il espère "pouvoir être un instrument pour que le pardon et la miséricorde du Seigneur atteignent de nombreuses personnes. Je voudrais savoir comment transmettre la bonne nouvelle de l'Évangile, à savoir que nous sommes tous aimés par le Christ".

 

Parmi les nouveaux prêtres, se trouvent plusieurs Africains, comme l'Ougandais Andrew Ekemu. Né à Kapchorwa en 1981, Andrew a étudié la médecine vétérinaire à l'université Makerere de Kampala. Il a travaillé pendant plusieurs années à la vaccination des vaches contre le nagana et au traitement des marabouts africains au zoo national de l'Ouganda. Au cours de ses études théologiques avant son ordination sacerdotale, il a achevé sa thèse de doctorat sur "La vision de l'histoire dans le livre du prophète Daniel". Il dit : "en Ouganda, nous sommes une population jeune, je vous demande donc de prier pour que de nombreux jeunes de mon pays puissent découvrir la grandeur d'une vie vécue avec le Christ et au service des autres".

Pensant à son avenir de prêtre, l'Italien Giovanni Vassallo souhaite "qu'en ces temps de pandémie, nous sachions accompagner les gens". Giovanni est né à Palerme et, avant d'étudier la théologie à l'Université pontificale de la Sainte Croix, il a étudié la philologie classique à l'Université de la Sapienza à Rome. Pendant dix ans, il a fait partie de l'équipe de direction de la Résidence universitaire internationale, où vivent des étudiants de nombreux pays, et il a enseigné le latin et la littérature dans une école à Rome.

En ce moment particulier, le Mexicain Roberto Vera, remercie Dieu pour "la merveilleuse famille dans laquelle il m'a fait naître, au sein de laquelle j'ai appris à l'aimer par-dessus tout". Et il ajoute : "Dieu me demande maintenant d'être prêtre pour célébrer la messe, pour réconcilier par la confession, pour administrer d'autres sacrements, pour parler de Jésus aux autres, pour accompagner ceux qui me le demandent, etc. C'est une très grande mission, je compte donc sur les prières de tous ceux qui lisent ces mots.

Guillermo Bueno, un autre ordinand, est né à Séville (Espagne) en 1983. Il est ingénieur en télécommunications de l'université de Séville, spécialisé en robotique et en automatisation. Avant d'envisager le sacerdoce, il s'est consacré à l'enseignement et à l'ingénierie, notamment au développement de systèmes d'identification biométriques. En 2013, il s'installe à Rome pour poursuivre des études de licence et de doctorat en théologie morale à l'Université de la Sainte-Croix. "J'ai comme exemple merveilleux un prêtre, saint Josémaria Escriva, explique Guillermo, un homme qui a su se faire tout à tous, essayant d'aimer tous ceux qu'il rencontrait comme Dieu les aimerait".

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vendredi 17 mai 2019

Messe en mémoire du bienheureux Álvaro

Á l'occasion de la fête du bienheureux Álvaro, une messe solennelle a été célébrée à Kinshasa par le Nonce Apostolique Mgr Ettore Ballestrero.


Dans une ambiance festive, Mgr Ettore Ballestrero a présidé ce jeudi 16 mai la concélébration eucharistique à l'occasion de la mémoire liturgique du Bienheureux Alvaro, à la Cathédrale Notre-Dame du Congo, dans la commune de Lingwala.

Des nombreuses personnes venues des quatre coins de la capitale ont tenu à honorer la mémoire de celui qui a été le premier successeur de saint Josémaria, et qui avait envoyé les premiers fidèles de l'Opus Dei, dans les années quatre-vingts, pour commencer le travail apostolique en RD du Congo.


Mgr Ballestrero a adressé dans son homélie des paroles pleines d'encouragement, en soulignant l'exemple de fidélité du Bienheureux Alvaro. " Vivons avec fidélité à Dieu notre vocation chrétienne, dans les grandes et les petites choses ". 


A la fin de la Messe il a pris a nouveau la parole pour remercier les présents pour leur travail. " Je suis très content d'avoir pu célébrer cette Messe avec vous. Je tiens à remercier tous les membres de l'Opus Dei pour le grand travail apostolique qu'ils sont en train de faire pour la société congolaise et pour l'Église universelle. Ils sont un exemple de fidélité à l'Église et au Pape. Je vous encourage à continuer de suivre l'exemple de saint Josémaria et du Bienheureux Alvaro. "


Sur le parvis de la Cathédrale on pouvait contempler les panneaux de l'exposition itinérante sur la vie de la Bienheureuse Guadalupe, la première femme de l'Opus Dei  à être béatifié. Un motif de joie, et un exemple à suivre. " Exemple de sainteté dans la vie ordinaire, dans le travail de chaque jour ", avait dit Mgr Ettore Ballestrero en évoquant la figure de la nouvelle bienheureuse. 

mercredi 8 mai 2019

Ordinations sacerdotales: " Dieu est toujours un gage d'avenir "

Samedi 4 mai, en la Basilique Saint Eugène, à Rome, 34 fidèles de l'Opus Dei ont reçu l'ordination sacerdotale. Issus de 16 pays différents, ces nouveaux prêtres s'incorporent ainsi au clergé de la Prélature.


Le cardinal Antonio Cañizares qui les a ordonnés, leur a adressé une homélie où il leur disait, entre autres choses : "N'oubliez pas que le bon pasteur est celui qui, comme le Christ, pense toujours au bien des âmes plutôt qu'à ses intérêts personnels. Pour ce faire, et parce qu'il sait aimer, il est capable des plus grands sacrifices".

Dans le chœur, Mgr. Fernando Ocáriz, prélat de l'Opus Dei, a participé à cette cérémonie à laquelle ont assisté aussi les familles et les nombreux amis des nouveaux prêtres.

"Seul l'amour - dit Mgr Cañizares- peut donner un sens à une vie de don de soi. Un amour que nous tâcherons de pousser à l'extrême, jusqu'à l'oubli de nous-mêmes, qui nous portera à vivre contents, en travaillant là où Dieu voudra de nous, en nous appliquant à accomplir sa volonté. En s'appuyant sur des paroles du Pape, il a ajouté " l'accompagnement est aujourd'hui la clé de l'identité d'un pasteur. On a besoin de ministres qui incarnent la proximité du Bon Pasteur, de prêtres qui soient des icônes vivantes de cette proximité ".

Mgr Cañizares a encouragé ces futurs prêtres à prendre tout spécialement soin de la Messe et du sacrement de Pénitence: "Face à la merveille d'être des confesseurs, des ministres de la grâce de Dieu, considérez que nous avons tous besoin de ce pardon. Soyez de bons confesseurs et de bons pénitents. En effet, accompagner les autres nous demande à nous aussi de nous mettre en route, en luttant contre nos propres défauts en comptant sur la grâce de Dieu ".


Mgr Canizares a pensé à ce que saint Josémaria aurait dit aux familles des ordinants : " Soyez dans la joie parce que le Seigneur a daigné choisir l'un des vôtres pour que, devenant son ministre, il soit en mesure d'apporter la paix de Dieu à tout le monde ".

" Dieu est toujours un gage d'avenir, - leur a-t-il assuré-. Aujourd'hui, Il est là, à nous annoncer encore qu'Il ne manquera jamais de nous envoyer des pasteurs et que le secours du ministère sacerdotal ne nous manquera pas ".

"Avec le temps, tout s'imbrique "

Voici ce que, quelques jours avant leur ordination, plusieurs ordinants nous ont confié sur l'itinéraire qui les a conduits au ministère sacerdotal.

Yann Le Bras, Français, dit "qu'il n'a aucune raison d'avoir peur puisque la vocation c'est Dieu qui la donne et que Dieu nous accompagne tous, toujours, et ses prêtres en particulier. Si je devais avoir peur de quelque chose, ce serait de moi-même. C'est pourquoi je demande à Dieu et à la Sainte Vierge, qui est la Mère des prêtres, de m'aider".

Samuel Fancourt, Néo-Zélandais, converti au catholicisme il y a quelques années, devient prêtre aujourd'hui. " En regardant en arrière, l'on perçoit que Dieu a agit progressivement dans votre vie. Des gens, des lieux, des événements. Ce sont des expériences loin de la foi, peut-être, mais avec le temps tout s'imbrique et l'on y décèle le plan de Dieu.


Paul Kioko, du Kenya, médecin durant des années dans un hôpital de Nairobi se dit aujourd'hui " qu'un prêtre est quelqu'un qui est d'astreinte non pas un seul jour, mais à tout instant de sa vie. Il doit en effet prendre soin des âmes qui lui ont été confiées et être prêt à s'en occuper à chaque instant du jour et de la nuit ".

Claudio Tagliapietra, Italien, né à Venise, pense "que le prêtre doit savoir écouter et qu'en écoutant il est tenu de ne pas juger. C'est quelqu'un qui n'a pas toujours réponse aux questions qu'on lui pose parce que les solutions se construisent dans le calme ".

(cf https://opusdei.org/fr/article/ordination-de-34-pretres-en-direct/)

jeudi 8 novembre 2018

L'homme qui avançait avec les éléphants (il sera bientôt prêtre)

Paul Kioko a grandi au Kenya, parmi les éléphants, les rhinocéros, les lions et les serpents. Après plusieurs années de travail en tant que médecin, il a reçu le diaconat le 3 novembre. Voici son histoire. 6 nov. 2018


 Où êtes-vous né?

Je suis né à Nairobi, capitale du Kenya, mais j'ai passé toute mon enfance dans les différents parcs nationaux du pays, avec mes parents et mes frères et sœurs. Mon père travaillait au Kenya Wildlife Service en tant que "ranger en chef" (chef des gardes forestier).

Quel était son travail ?

Son travail consistait à protéger et à prendre soin de la faune dans ces parcs. Mon enfance a été itinérante : nous avons vécu environ cinq ans dans un parc, puis avons emménagé dans un autre, jusqu'à couvrir presque tout le pays. Le parc national de Nakuru, les montagnes Aberdare, le parc Amboseli au pied du Kilimandjaro ou le parc national Tsavo, ont été mes demeures.

Quelle a été votre enfance dans cette savane ?

Nous avons grandi, avec mes frères et sœurs, en jouant au cœur de la végétation. Bien qu'il y ait toujours eu le risque de rencontrer un lion ou une autre bête, ce que ma mère craignait le plus c’étaient les scorpions et les serpents, car il y en a beaucoup. Grâce à nos anges gardiens, rien de grave ne nous est jamais arrivé.

Il faut quand même dire que vous avez connu beaucoup d'aventures....

Oh oui, bien sûr ! Je me souviens par exemple du moment où un cobra a craché du poison dans les yeux d'un de mes frères. Emmené d'urgence à l'hôpital, il n'a pas perdu la vue. Une autre fois, un autre frère, a failli heurter à vélo deux lions, blottis dans un virage. Ils étaient trop occupés à dépecer un sanglier. Mon frère s’en est bien sorti, fort heureusement.

Qu’en était-il de votre vie familiale dans un tel environnement ?

Si nous nous étions bien tenus durant la semaine, mon père nous emmenait au parc, le dimanche, dans sa jeep. Le défi était de dire qui avait vu le premier un des " Cinq Grands " (éléphant, rhinocéros, lion, buffle ou léopard). Mon père gagnait presque toujours parce qu'il était le plus patient et qu'il pouvait fixer son regard longtemps sur un endroit pour identifier les animaux qui s'y cachaient.

Votre mère aimait-elle cette vie ?

Bien sûr, tout en s'intéressant davantage aux oiseaux, ce que nous, les enfants, ne comprenions pas. Je m’explique : ma mère, née aux États-Unis, est venue en Afrique à la fin des années 1960 pour enseigner les mathématiques à l’autre bout du monde. C'est peut-être pour cela qu'elle aimait les oiseaux : comme eux, elle s’est envolée pour vivre sa vie, tout au loin. En Tanzanie, elle a rencontré mon père, qui terminait sa formation d'expert en environnement. C’est toute une histoire, une providence divine, comme disait ma grand-mère.


La nature, que vous a-t-elle appris durant ces années ?

J'ai appris beaucoup de choses. Bien entendu, à profiter des grands espaces et de la beauté de la création. Mais ce qui m'a profondément marqué, c'est, d'une part, la patience de mon père pour arriver à voir de grandes choses et, d'autre part, la capacité de ma mère à apprécier les petites joies de la vie, comme sa contemplation d’un petit oiseau.

Quel était votre lien avec avec les animaux ?

C'était un paradis pour les enfants comme nous. Nous n'avions ni télévision ni PlayStation, mais nous n'en avions pas besoin. Les "rangers" (garde-forestier) apportaient chez nous des nouveau-nés orphelins dont il fallait s’occuper : des petits d’impalas, d’antilopes, d’éléphants, de rhinocéros, des lionceaux et de petites gazelles. Je me souviens comme ils se promenaient à l'aise autour de chez nous.

Certains animaux plus grands, -des éléphants, entre autres-, devaient être en cage avant d’être relâchés. Je me souviens qu'on leur donnait des mangues et des oranges à manger, et qu'on jouait à lancer de loin, comme au basket, les fruits dans leur énorme gueule ouverte. Nous étions des enfants !

Comment avez-vous orienté votre vie par la suite ?

Pour terminer mes études secondaires, j'ai dû emménager en ville. Ce fut au lycée, le collège Lenana, que j'ai rencontré de jeunes étudiants qui sont venus nous enseigner la foi chrétienne. Plus tard, j'appris que certains d'entre eux étaient de l'Opus Dei et j’ai tenu à mieux connaître cette réalité de l'Église, dans laquelle, un peu plus tard, dans ma dernière année à Lenana, j'ai demandé l'admission.

Après avoir terminé mes études de médecine à l'Université de Nairobi, j'ai travaillé pendant un an à l'hôpital militaire du Kenya. J'ai ensuite pratiqué la médecine pendant près de 15 ans à l'hôpital Mater de Nairobi, d'abord aux urgences, puis à l'unité des soins intensifs, où j'ai complété ma spécialisation en anesthésiologie.


Et quand avez-vous envisagé de devenir prêtre ?

Comme le dit le Livre de la Sagesse, il y a un temps pour tout sous le Ciel. J'ai compris que, tout comme Dieu m'avait appelé à servir les malades en tant que médecin, il m'appelait à servir toute son Église comme prêtre. Dans un sens, je pense que le fait d’être médecin m'a préparé à accueillir l'appel au sacerdoce.

Désormais, vous allez être prêtre ?

Pas tout de suite. Le 3 novembre prochain, avec 33 autres fidèles de l'Opus Dei de 16 pays, je recevrai le diaconat des mains de Mgr Celso Morga. Si Dieu le veut, nous serons donc ordonnés prêtres en mai 2019.

Comment vous y êtes-vous préparé ?

Essentiellement par la prière et la participation à la Sainte Messe. Avec d'autres fidèles de l'Opus Dei de nombreux pays, j'ai aussi consacré plusieurs années à étudier la théologie à l'Université Pontificale de la Sainte-Croix ainsi que d'autres matières au Collège romain de la Sainte-Croix. Au cours de ces années, j'ai compris que c'est Dieu qui nous prépare au sacerdoce, et qu’Il se sert de beaucoup d'amis et de maîtres pour éclairer notre chemin.

Quel est le sujet qui vous a le plus plu dans ces études à l'université?

J'ai une licence et un doctorat en Théologie Morale. Compte tenu de ma formation et de mon travail de médecin, il n’y a donc rien de surprenant à mon intérêt pour les questions de bioéthique et les fondements philosophiques de la pratique médicale.

Il paraît que la meilleure façon de vous endormir c’est de demander à quelqu'un de vous parler de sa thèse. Je prends ce risque : mes recherches portent sur la vertu de la prudence comme point de connexion entre les décisions médicales "techniquement correctes" et "moralement correctes". Lorsque je travaillais à l'unité des soins intensifs, j'étais souvent confronté au dilemme de savoir quand et comment limiter les traitements médicaux.

Morale, théologie, Rome, sacerdoce.... Regrettez-vous vos années au parc naturel ?

Les souvenirs d'enfance nous accompagnent tout le long de notre vie, et je garderais toujours un souvenir plaisant de mes aventures avec les bêtes sauvages. Cela dit, je sais bien qu'une vie au service de Dieu et des autres est une aventure encore plus grande. À mon lever, le matin, j’offre ma journée au Seigneur et je ne sais pas où il va guider mes pas. Avant, je n'admirais que la beauté de la création dans les parcs naturels ; maintenant, je contemple la providence aimante de Dieu dans toutes les situations où Il me place. J'espère que beaucoup d'autres pourront le trouver grâce à mon ministère sacerdotal. Priez pour nous.

(https://opusdei.org/fr-cd/article/l-homme-qui-avancait-avec-les-elephants-il-sera-bientot-pretre/)
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